Soirée du 10 août (mais en Estrie!)

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Nissaire
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Soirée du 10 août (mais en Estrie!)

Message par Nissaire » 03 oct. 2018 20:55

Voilà longtemps que je n'ai pas pris le temps de vous rapporter mes observations. Le 10 août dernier, j'ai passé une nuit formidable à observer depuis Sutton, sur un terrain privé situé en zone jaune foncé, presque vert. Aussi, je me suis enfin décidé à noter les cibles que j’observe, question d’avoir un historique de ce que j’ai déjà observé ou pas.

En service ce soir-là, mon fidèle 11", mon réfracteur ED de 80mm, ainsi qu'une paire de jumelles 20x80 sur monture parallélogramme.

J'avais bien hâte d'essayer mon 80mm, car j'ai remplacé le focuser de base par un focuser GSO à 2 vitesses. Je devais aussi essayer la bague d'allonge que j'ai achetée récemment pour permettre à tous mes oculaires d'arriver au foyer sur le nouveau focuser. Je suis ravi de ce changement. Mon focuser est maintenant bien orienté (car le nouveau a l'option de tourner l'axe du focuser sur 360°), le viseur se trouve au bon endroit (au lieu d'être sur le milieu comme avec l'ancien), les bagues qui retiennent les équipements sont toutes à compression, et surtout, les deux vitesses permettent un bien meilleur contrôle sur la mise au point.

Ma parenté étant présente en début de soirée, on est resté sur les cibles classiques: Jupiter, Saturne (qui ne cesse d'épater les non-initiés), Mars, M13, M57. J'ai pris la peine de leur montrer Andromède sur les trois instruments. D'abord sur le 80mm, avec la 31mm Nagler, pour la voir dans son ensemble. Ensuite, sur le 11", pour bien voir le cœur et les deux compagnes, M32 et M110. En enfin, aux jumelles, qui offrent un champ juste assez grand pour l'inclure. On a tous convenu que les jumelles présentaient la meilleure vue de cette galaxie, surtout pour distinguer les bras. Il y a quelque chose de magique dans le fait d'utiliser ses deux yeux pour l'observation. J'ai fini en leur montrant M51. Ils n'ont pas réussi à voir le bras qui s’étend vers la petite galaxie naine qui l’accompagne. Dommage car je le distinguais clairement.

Une fois la parenté couchée, vers 11h, je me suis installé sur une chaise longue pour admirer le ciel et les perséides. Il n’y en avait pas tant, mais quelques notables, dont une jolie double, et une autre qui a laissé une longue trainée persistante.

Puis, un peu passé minuit, je me suis attaqué à ma constellation de prédilection, Cygnus, puisque l’humidité semblait avoir chuté, et le ciel était plus transparent. J’ai commencé par quelques doubles :
-31 Cyg, une triple très jolie, bleu, blanc et orange.
-61 Cyg, aussi connue comme Bessel’s star, distinctement orange et rouge
-Albireo, classique duo ambré et bleu, avec une bonne séparation.

Ensuite, par nostalgie, j’ai revisité une nébuleuse planétaire que j’aime bien : NGC 6826, la Blinking planetary. Elle tient son nom du fait que si on regarde alternativement le cœur de la nébuleuse (et donc la naine blanche) puis on bouge le regard de façon à la regarder en vision décalée, elle semble clignoter, ou du moins changer de luminosité, devenant soudainement plus apparente lorsqu’on regarde en vision décalée. Ceci étant dit, l’effet semblait moins notable qu’à l’habitude, en ce sens qu’elle était quand même bien visible en vision directe. La transparence était donc clairement bonne.

Puis, je suis passé à travers quelques amas ouverts : Messier 39, puis 29. Mais ce n’était que pour m’ouvrir l’appétit et patienter un peu avant de jeter un œil sur une des cibles qui m’intéressait le plus ce soir-là : la comète Giacobini-Zinner. Et quel spectacle! Autant en champ large qu’agrandie, même la queue était bien visible. Difficile à dire si j’ai rêvé ou non, mais aux jumelles, et surtout au réfracteur, je percevais bien la couleur bleutée autour du cœur. Par contre, une fois agrandie au 11", je ne la discernais plus.

Je suis retourné vers le Cygne pour continuer ma liste d’amas ouverts : NGC6811 (avec le « trou » d’étoiles bien visible en son centre), NGC6819, et enfin NGC6871. J’ai ensuite ajouté mon filtre UHC pour regarder attentivement NGC6884, une petite nébuleuse planétaire. Je ne suis pas parvenu à voir les régions extérieures, mais la forme irrégulière de la partie centrale était facile à distinguer avec un peu de grossissement. Impossible de voir la naine blanche par contre.

Puisque mon filtre était déjà monté sur la diagonale, je me suis ensuite attaqué à mes nébuleuses préférées dans le Cygne. J’ai aussi monté mon filtre OIII sur la diagonale de mon réfracteur pour faire des comparatifs. J’ai d’abord jeté un œil sur la nébuleuse du croissant (NGC6888), plus facile à voir sur le 11". Elle ressortait bien, même en vision directe, ce qui m’a confirmé que la transparence était déjà très bonne. Je me suis ensuite promené longuement dans les dentelles du Cygne (NGC 6960 et 6992). La comparaison entre le réfracteur et le SCT était très intéressante, le premier offrant une vue d’ensemble de la nébuleuse avec le 31mm, et le second des vues plus détaillées avec le 41mm. Ma partie préférée sera toujours cette section de longs filaments qui s’étendent tout en nuance dans la voile (6992), mais j’avoue que de voir l’ensemble des restant de cette explosion en champ large donne une toute autre perspective sur un des plus beaux objets du ciel. J’ai aussi trouvé qu’on distinguait mieux les filaments situés au milieu, entre les deux extrémités de la nébuleuse au réfracteur.

J’ai terminé avec comme dernière cible la nébuleuse de l’Amérique du Nord (NGC7000). C’est une cible que j’ai souvent eu de la difficulté à observer, puisque je n’avais que mon 11" initialement, et j’imaginais mal son ampleur. Aussi, elle ne devient visible que si j’emploie mon filtre UHC et si la transparence est bonne. J’avais déjà réussi à distinguer la partie du Golfe du Mexique surtout, puisque le contraste entre la partie sombre et claire à cet endroit est bien notable. Par contre, je l’ai regardée pour la première fois ce soir-là au réfracteur avec un champ large et avec le filtre UHC. Quelle différence! Le fait de voir l’ensemble de cette nébuleuse permet de constater à quel point elle s’étend plus loin que la simple partie du Golfe du Mexique. Même aux jumelles, sans filtre, je parvenais à bien la voir! J’ai passé beaucoup de temps sur cette nébuleuse étendue, en alternant entre les trois instruments. Un vrai régal. Fait intéressant, comme le grand champ m’a permis de mieux comprendre sa structure dans l’espace, j’ai pu ensuite en distinguer beaucoup plus de parties en me promenant dedans avec le SCT. J’adore ces moments où je constate que mes habiletés d’observation se développent, et où je parviens à discerner de nouveaux aspects d’objets déjà maintes fois observés. Je suis aussi parvenu à distinguer sa voisine, la nébuleuse du Pélican, au réfracteur. Par contre, au SCT, je parvenais à peine à la voir en me promenant sur ses bordures (puisqu’elle occupe en fait le champ le plus large que mon SCT offre, soit environ 1°).

J’étais tenté de continuer avec d’autres cibles, mais j’ai plutôt opté pour m’allonger sur la chaise longue et apprécier le spectacle des Perséides. J’ai au moins passé une heure dans cet état contemplatif, parsemé de petits sursauts quand un météore filait devant mes yeux, et de moments d’extase quand l’un d’eux était plus notable, laissant derrière lui une trainée lumineuse persistante. Je me suis aussi amusé à balayer la Voie lactée aux jumelles, allongé confortablement.

J’ai finalement abdiqué, sentant le sommeil gagner du terrain, et j’ai remballé le tout pour aller me coucher, bien satisfait. Je pensais bien avoir fait-là une de mes plus belles nuits d’observation de l’année, mais c’était sans compter ma visite inattendue de deux nuits à la Réserve Faunique de la Vérendrye pendant la nouvelle lune de septembre, et qui fera l’objet d’un autre récit...


CPC 1100 XLT GPS, Orion 80mm ED, Diagonale 2" Explore Scientific et Meade série 5000, TV 41mm Panoptic, TV 31mm T5, TV 22mm T4, TV 17mm T4, TV 12mm T4, Morpheus 9mm, Morpheus 6.5mm, Hyperion 5mm, Orion Ultrablock 2", Orion OIII 2", Orion ND variable 2", Celestron 20x80 Skymaster Pro sur monture Paragon et... une bonne paire d'yeux!
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Only4Star
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Re: Soirée du 10 août (mais en Estrie!)

Message par Only4Star » 04 oct. 2018 14:39

Toi aussi tu as eu une belle soirée ! C'est toujours intéressant de faire découvrir le ciel a des membres de sa famille (quand il y a un minimum d'intérêt !)

Plus j'y pense avec ta ED 80mm plus ça me fait penser que ce serait surement une bonne idée de changer mon chercheur 12 x 80 pour une petite lunette comme ta ED 80mm, elle aurait 2 usage pas seulement celle d'un chercheur et la qualité serait au rendez-vous !
Martin
St-Thomas-de-Joliette, Qc, Canada
Dobson Skyobserving.ca 508mm/2240mm / TV Nagler Zoom 3-6mm, T4 - 12mm, 17 mm 22mm et T5 31mm, Big Barlow, Paracorr type 1 version 3 (table top)/ Finder Antares 12 x 80 mm. Filtre : Orion Utrablock, Celestron OIII.
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Re: Soirée du 10 août (mais en Estrie!)

Message par Axel » 08 oct. 2018 20:43

Voilà un bien beau rapport!

On a un setup semblable avec un sct, une lunette et des jumelles. Dans mon cas le sct est plus petit (8") mais la lunette plus large et clairement dédiée au champ large (un doublet de 5" de f6.5). Pour les longues nuits d’observation, je ne peux me résoudre à choisir juste un instrument. Le sct et la lunette sont complémentaires. Les voiles du Cygne dans la lulu de 5" avec filtre Oiii c’est génial! M13 par contre requiert la plus grande résolution du 8" pour en mettre plein la vue.
Axel Bérubé - SAPM
Pincourt, QC, Canada
C8 AVX - ES AR127 sur monture M2- ES68 24mm, ES82: tous - diagonales 2" dielectrique WO et ES + Baader t2 Zeiss prism - reducteur F 6.3 - filtres Baader UHC-S et Moon&Skyglow, Oiii Celestron, Baader Astrosolar 8" et autres...
Jumelles Orion Resolux 15x70 sur trépied Orion Paragon HD-F2
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